Quatre fois par semaine, à 14h chez Globocam, une nouvelle journée commence pour Julie Michaud, conseillère technique d’engins lourds. Pendant que les employés de jour terminent leur quart, elle prend le relais. Dans l’atelier, les 18 portes de garage témoignent de l’activité qui se poursuit jusqu’à minuit.

Son rôle

Conseillère technique de soir depuis plusieurs années, son rôle exige de l’autonomie, particulièrement lorsque les gestionnaires et certains services ne sont plus sur place. Elle doit être en mesure de prendre des décisions, de gérer les imprévus et de garder une vue d’ensemble sur les opérations.

Pourtant, son travail ne s’arrête pas à la coordination de l’atelier. Elle accompagne le camion et son propriétaire à travers tout le processus de service. Du rendez-vous à la réparation, elle assure les suivis avec les mécaniciens, communique avec le client et veille à ce que tout se déroule dans les règles de l’art. Pour certains clients, elle va même jusqu’à organiser le retour du camion à leur stationnement respectif une fois les travaux terminés.

« C’est clé en main », résume-t-elle.

Les relations humaines derrière son travail

Derrière ce service, il y a surtout une relation humaine. C’est d’ailleurs le contact avec les clients qu’elle aime le plus dans son métier. À force de travailler avec de nombreux consommateurs, parfois récurrents, une relation de confiance s’installe. Elle mentionne également que certains clients attendent même son arrivée à 14 h pour pouvoir lui parler directement. Elle connaît leurs habitudes, leurs attentes et parfois même leur tempérament.

Cette confiance est particulièrement importante lorsque les nouvelles sont moins bonnes. Dans le camionnage, un véhicule immobilisé représente du temps et de l’argent. La frustration peut donc être grande. Pour elle, la meilleure façon de gérer ces situations demeure la transparence. Pas question d’inventer une excuse pour repousser une réparation : si le camion ne peut pas sortir aujourd’hui, elle le dit. « La vérité », comme elle l’explique, permet au client de s’organiser autrement.

Son parcours

Son parcours est d’autant plus remarquable, puisqu’il a commencé dans l’atelier. Originaire de la Gaspésie, elle s’est inscrite en mécanique d’engins-châssis sans même connaître ce domaine auparavant. On lui avait dit qu’aucune fille n’avait encore terminé la formation. Sa réponse : « Je m’inscris, je vais le faire. » Finalement, elles ont été quatre filles dans sa cohorte à obtenir leur diplôme, et elle a terminé avec une mention, notamment grâce à un résultat de 100 % à son examen de diagnostic moteur.

Vingt-six ans plus tard, elle est toujours là. Son histoire rappelle que le métier de conseillère technique ne se résume pas à des bons de travail et à des camions. C’est un métier de coordination, de jugement, de communication et, surtout, de confiance.

Son conseil à celles et ceux qui souhaitent faire leur place dans le domaine tient en quelques mots : ne pas avoir peur, puisque, comme elle le dit si simplement : « Tout le monde est capable de faire sa place. »